Pouêt - Pouêt



Francky aimait bien se rendre seul au bord de la rivière pour pêcher. Ce matin, il s’était levé de très bonne heure, pratiquement au chant du coq, pour se rendre à son endroit favori, un petit promontoire à 80 centimètres au-dessus de l’eau. Il s’installait assis juste au bord, ses petites jambes se balançant au rythme de la chanson qu’il avait dans la tête, une rengaine apprise sur les bancs usés de sa vieille école.
Il emportait toujours un petit sandwich avec lui, deux tranches de pain beurré avec une bonne couche de confiture fait maison que sa maman lui préparait.
La veille, après les recommandations d’usage pour qu’il fasse très attention de ne pas dégringoler dans la rivière, de ne pas parler à des étrangers et de bien manger son casse-croûte pour ne pas tomber d’inanition sous le brûlant soleil de ce mois d’août, il allait se coucher, sitôt fait le gros bisou à ses parents et sa grand-mère.
Son papa, qu’il aimait beaucoup, lui ébouriffait sa tignasse blonde et lui disait en le chatouillant une phrase du genre : ‘dors bien fiston, le monstre sous ton lit viendra te croquer les pieds, miamiamiamiamiam’. Ce n’était pas très intelligent de dire ce genre de chose à un garçonnet de neuf ans. Il mettait parfois un temps fou pour s’endormir, guettant dans la pénombre de sa chambre le moment où le monstre en question viendrait et dégusterait un à un ses petits orteils, draps et couvertures remontés jusqu’à son nez en trompette. Mais il arrivait quand même à tomber dans les bras de Morphée, complètement exténué.

Cette nuit là personne ne vit la lumière fulgurante qui tomba du ciel comme un météore, formant un énorme cratère, pour se retrouver dans le champ de leur voisin, un petit vieux qui invectivait les enfants en agitant sa canne en l’air et en proférant des paroles inconsidérées pour un homme de son âge. Et vas-y que si j’t’attrape je vais te transformer en rondelles de saucisson, et vas-y que vous allez me servir de paillasson pour essuyer mes bottes toutes crottées, et patati et patata, et blablabli et blablabla… M’enfin bref, le vieux n’avait plus toute sa tête, et plus personne ne prêtait attention à ses envolées lyriques, sauf bien sûr les enfants du village qui faisaient exprès de l’énerver, pour leur plus grand plaisir.




Donc personne n’avait vu ce feu du ciel s’abattre dans le champ, et pour cause. Il y avait un tel orage et la pluie tombait si dru qu’il aurait fallu moins d’une minute pour se retrouver trempé jusqu’aux os. Tout le monde dans le petit village de cinquante trois habitants s’était calfeutré chacun chez soi, volets fermés, et à deux heures du matin on a bien autre chose à faire que de regarder s’il n’y a pas de trucs bizarres qui se passent là au dehors.
Même la vieille Gertrude qui passait son temps à lorgner par la fenêtre de sa cuisine pour voir ce que faisaient ses voisins avait fermé ses persiennes. Elle était là dans son lit, tremblante de peur et n’osant se lever pour aller aux toilettes, alors que les éléments continuaient de se déchaîner. Un horrible cauchemar l’avait réveillé, où des monstres assoiffés de sang se jetaient sur elle, mais en voyant ses gambettes toutes maigrichonnes et ses cheveux dégarnis par le temps qui passait beaucoup trop vite, ils s’étaient tous éparpillés dans la nature, cherchant une victime un peu plus correcte pour assouvir leurs instincts meurtriers. On peut-être un monstre hideux et affamé, il y a des limites quand même non ?

A sept heures du matin, l’orage était terminé, le jour et le soleil étaient levés, et Francky également. Comme c’était dimanche, personne dans la maisonnée ne serait debout avant au moins huit heures et demi, et donc Francky partit tout seul jusqu’à la rivière, euh pardon pas tout seul puisque son fidèle compagnon Flèche du Vent était avec lui.
C’était son vélo qu’il avait nommé ainsi, un pur-sang tout neuf reçu de ses parents pour son anniversaire. Il fallait voir comme il allait vite une fois sur sa fidèle monture, les jambes forçant comme des pistons sur les pédales, les gouttes de sueur lui tombant sur les yeux, le vent sifflant dans ses oreilles.
Une fois arrivé sur place, il déballa toutes ses affaires, pris sa canne à pêche, monta son hameçon comme son grand-père lui avait appris avant qu’il ne décède d’une crise cardiaque. Grand-père était mort de cette bien mauvaise circonstance parce qu’il lui avait pris l’idée aussi sotte que grenue, voire carrément saugrenue, de batifoler avec grand-mère un soir de septembre de l’année dernière dans leur grand lit, alors que ces choses là étaient plutôt réservées à des personnes qui n’avaient pas un défibrillateur cardiaque dans leur poitrine.
Mais on ne pouvait pas expliquer ça à un petit garçon. On lui avait donc dit que grand-père était mort de sa belle mort, et d’une certaine façon est-ce qu’elle n’était pas belle ?

Cela faisait plus d’une heure qu’il était assis là à attendre que ça morde, et il commençait sérieusement à avoir les fesses en compote à rester comme ça sans bouger beaucoup. Et qu’est-ce qu’il y a de bien plus mortel pour un jeune garçon que de rester sur place, sans un seul petit poisson qui veuille bien se faire attraper, plus des insectes volants qui vous tournent autour d’un air de dire que vous feriez mieux d’allez à la messe du dimanche matin plutôt que de perdre votre temps dans ce coin magnifique ? Aussi il se leva pour se dégourdir les jambes, un peu déçu de devoir rentrer bredouille, et marcha le long du chemin qui longeait la rivière, en laissant son matériel sur place pour le récupérer plus tard.
Il se promenait nonchalamment depuis un petit moment quand il vit des fourrés s’agiter, comme s’il y avait un animal sauvage à l’intérieur. Il déguerpit en vitesse derrière un gros arbre et se pencha pour voir ce qu’il y pouvait bien y avoir qui faisait un tel raffut. Ne voyant rien en sortir, il s’approcha doucement, prêt à se sauver de nouveau derrière son arbre. Il était pratiquement tout près quand une étrange créature se releva, et, se voyant tous deux à si courte distance, chacun en tomba à la renverse sur son postérieur, Franky avec un petit cri de surprise, l’autre en faisant une espèce de pouêt-pouêt assez rigolo.
Francky en restait là comme deux ronds de flanc, les yeux agrandis de stupeur, et franchement il y avait de quoi en voyant une chose pareille. Ça avait des doigts démesurément longs, juste deux à chaque main, si on pouvait appeler ça des mains, c’était tout gris des pieds à la tête, si on pouvait aussi appeler ça une tête, la peau comme du caoutchouc avec plein de gros bourrelets sur le ventre, et surtout, alors là carrément de quoi être mort de rire, une espèce de grand nez en trompette. Pas le petit nez tout mignon de Francky, mais une excroissance ressemblant vraiment à une trompette, d’où était sorti ce son étrange.

Le jeune garçon, dans son innocente et bienheureuse candeur, n’eut pas peur une seule seconde, plutôt attendri de voir cette chose manifestement bizarre. Tout de suite il sut que c’était un extra-terrestre, parce qu’il connaissait son sujet par cœur, il adorait les lectures sur les êtres venus d’un autre monde. Mais franchement, entre nous, alors que les êtres humains se posent un tas de questions sur la grandeur de l’univers, est-ce que nous y sommes seuls, que l’on envoie des sondes spatiales et des satellites pour capter le moindre signal, que l’on consacre des fortunes pour ça et qu’en fin de compte c’est un petit garçon de neuf ans qui en découvre un, est-ce que vous vous rendez vraiment compte du ridicule de la situation ? Se retrouver avec un extra-terrestre qui fasse ‘pouêt-pouêt’ quand il est surpris ? Francky n’en avait cure, et tout de suite il se prit d’affection pour son nouvel ami. Celui-ci aussi avait l’air d’apprécier la situation. Il s’approcha du garçon, lui palpant la figure avec son espèce de nez et refaisant de nouveau un vigoureux pouêt-pouêt. Le jeune humain se mit à rire, et même à se tordre de rire, tant à cause des papouilles que du désopilant élément sonore que faisait l’étrange créature.
Il voulait absolument montrer son nouvel ami à sa famille et reprit le chemin du retour à pied, le gentil alien de un mètre et dix sept centimètres sur ses talons, laissant là sac à casse-croûte, canne à pêche, et même Flèche du Vent qui ne revit jamais son fidèle compagnon.




Il était pratiquement l’heure de se mettre à table pour le déjeuner quand ils arrivèrent à la maison, à l’écart du village, ce qui fait que personne ne les vit. Ils passèrent par derrière, car il voulait faire la surprise à ses parents et à grand-mère, persuadé qu’ils seraient eux aussi content de voir Pouêt-Pouêt. Le pot-au-feu était prêt à être consommé et mijotait doucement sur le fourneau en fonte, ainsi qu’une délicieuse soupe aux légumes. Ça peut vous paraître bizarre de préparer un tel repas pour midi en plein mois d’août, mais est-ce qu’il n’y a pas tout un tas de choses bizarres dans cette histoire ? Et après tout, j’écris ce que je veux non ?
Maman et papa discutaient avec un de leurs voisins qu’ils avaient invité, et tous les quatre prenaient l’apéritif. Francky trépignait d’impatience pour leur montrer son nouvel ami l’extra-terrestre, tandis que celui-ci attendait sagement dans une autre pièce. Il se demandait, si cela est possible mais je ne connais pas personnellement de visiteur d’un autre monde, aussi je ne pourrais pas vous donner de réponse satisfaisante, il se demandait donc ce que c’était que cette espèce de boule de poils qui avait l’air de dormir roulé sur lui-même dans un panier.
C’était Piwi, le petit chat de la maison, en train de roupiller comme un bienheureux, ne se rendant pas compte du drame qui se déroulerait d’ici quelques instants, à commencer par lui. Pouêt-Pouêt s’approcha du pauvre minou, si jeune et si minuscule. Alors que celui-ci ouvrait un œil bien fatigué, un peu surpris quand même de voir cette chose étrange en forme d’entonnoir à seulement dix centimètres de son nez, il fut carrément et proprement aspiré par l’entonnoir en question. Il n’eut pas le temps de faire un petit ‘miaou’ qu’il se retrouvait dans l’estomac de la créature, et seuls quelques poils dans le panier prouvaient encore l’existence de la bête préférée de la famille.

Pendant ce temps, on commençait à déjeuner dans le salon, papa et maman à chaque bout de la grande table familiale, grand-mère et l’invité l’un en face de l’autre, et Francky à côté de grand-mère. Le petit garçon n’en pouvait plus d’attendre. Alors qu’ils dégustaient le délicieux potage dans les assiettes en porcelaine, il se leva tout d’un coup pour aller chercher son nouveau compagnon, sans même prendre le temps de leur expliquer sa découverte. D’ailleurs il n’en avait pas encore eu l’occasion, les adultes n’arrêtant pas de jacasser sur la prochaine élection de miss asperge, lors de la très célèbre fête du village qui devait se dérouler dans un mois. Ils rentrèrent tous deux dans la pièce, Francky tenant Pouêt-Pouêt par ses deux grands doigts.
En voyant ce phénomène plus que bizarre, grand-mère en eut un hoquet de surprise qui lui fit régurgiter le potage qu’elle avait en bouche sur leur voisin qui n’en demandait quand même pas autant. Sa belle chemise blanche qu’il avait mise pour l’occasion était maintenant parsemée de couleurs vertes et jaunes, des haricots et pommes de terre du jardin, et je crois quelques bonnes grosses carottes. Le dentier de la pauvre dame suivit le même chemin et atterrit directement dans l’assiette de son vis-à-vis, qui n’eut pas non plus le temps de le rendre à sa propriétaire légitime, car grand-mère en eut une crise cardiaque, tout comme grand-père, mais pas dans les mêmes circonstances.
Grand-mère avait la tête qui reposait dans son assiette brûlante, le reste du potage dégoulinant sur ses jupons, qui maintenant fumaient à cause de la soupe trop chaude.
Dans un réflexe de défense aussi inutile que rapide, le voisin, un certain Mario, d’origine confuse, prit la superbe soupière qui trônait sur la table et la lança sur Pouêt-Pouêt, l’ébouillantant d’horrible manière. Celui-ci, dans un autre réflexe tout aussi rapide mais pas totalement inutile, déploya son grand nez en trompette jusqu’à la tête de son assaillant et la recouvrit entièrement. Ça épousait parfaitement chaque courbe, son nez, son crâne, et même ses oreilles qu’il avait disons suffisamment grandes pour être à l’écoute du moindre petit bruit, merci de ne pas vous en moquer.

L’alien fit une chose franchement dégueulasse. Il projeta une espèce de liquide jaunâtre du fond de son estomac, mélange d’acide, du petit chat en train d’être digéré, et de matières brunâtres dont je préfère ne pas vous donner plus d’explications, au cas où de jeunes enfants liraient cette histoire tellement mignonne.
L’invité hurlait comme un dément, essayant de décrocher l’enveloppe grisâtre qui lui recouvrait la tête, et il y réussit.
Du moins c’est ce que vous croyez. Vous me connaissez maintenant, ce serait vraiment trop facile.

Tout ce magma sorti des entrailles de l’extra-terrestre fit que la tête de notre préposé à une vie meilleure dans un monde tout aussi meilleur se décomposa, se liquéfia, ne devint plus qu’un amas de chair et d’os qui retomba en faisant d’immondes ‘splatchs’ sur la moquette du salon. Comme le reste de son corps était enfin libéré, il se mit à tituber dans tous les sens, comme un poulet à qui on a coupé la tête, se cognant à maman qui n’en pouvait plus d’exprimer son épouvante en proférant des mots impossibles à écrire. Le sang jaillissait de la carotide de l’homme sans tête, aspergeant celle de maman, de papa qui voulait lui porter secours, et de Francky qui s’était réfugié dans les jupes de sa mère. Il pleurait comme jamais il n’avait pleuré jusqu’à présent, même le jour où il était tombé de Flèche du Vent en pédalant comme un malade, s’écorchant les genoux et le front sur les graviers de la cour. Même les murs en étaient rouge de confusion, badigeonnés par le sang de l’infortuné invité.
Pouêt-Pouêt se demandait ce qui arrivait à tous ces terriens de s’agiter comme ça dans tous les sens, alors qu’il n’avait fait que se défendre, et en son for intérieur il regrettait d’être venu jusqu’ici avec ses parents pour assister à un tel spectacle. Et s’il avait gobé le petit chat, c’est qu’il avait vraiment un petit creux. Cette étrange bestiole avait l’air tellement appétissante...

Tiens donc, c’est vrai ça, ils étaient où ses parents pendant ce temps ? Et bien ils étaient justement derrière la porte d’entrée, car leur instinct les avait amené devant la maison, sachant inconsciemment que leur progéniture n’était pas très loin. Je dis ça comme ça, mais il me semble vous avoir déjà dit que je ne connaissais pas personnellement de visiteurs venus d’un autre monde, et je ne sais donc pas s’ils pensent, réfléchissent, ont les mêmes émotions que nous, s’ils vont à l’école étudier la physique quantique ou la littérature, font pipi contre les murs, dansent le swing lors de la pleine lune, ou font des ‘han-han-han’ quand ils veulent se reproduire, le corps en nage pendant tant d’efforts.
Gros papa et maman Pouêt-Pouêt désintégrèrent la porte d’entrée pour reprendre leur fiston, et en voyant le désastre de ce qu’il avait fait, ils se mirent à dialoguer comme des forcenés dans leur langue maternelle. Je ne vous ferai pas l’injure de vous rabâcher tout un tas de ‘pouêt-pouêt’ exprimés lors de leur intéressante conversation. Mais toujours est-il que le résultat était là : un voisin gentil et malicieux décapité et sanguinolent, une grand-maman décédée prématurément, la tête reposant dans son assiette de soupe aux légumes, un petit chat mignon comme tout qui avait servi de casse-croûte à leur fiston, et trois humains terrorisés, dont un petit garçon qui en avait fait pipi dans son pantalon.
Carnage, saccage, et désespoir.

Il fallait essayer de réparer les dégâts, faire disparaître les preuves de leur présence sur terre. A l’aide d’un boîtier ultra sophistiqué qu’il avait toujours avec lui, gros papa pianota à l’aide de ses deux doigts longs et fins sur les touches de l’appareil. Une vibration sonore et insupportable se fit entendre. L’atmosphère était surchargée de l’odeur cuivrée du sang de l’homme sans tête qui avait enfin arrêté de gesticuler aussi ridiculement. Une lumière aveuglante se fit jour, vous savez comme dans ce feuilleton des années soixante-dix, ‘les envahisseurs’.
Quelques vibrations plus loin, tout ce qu’il y avait d’animé et d’inanimé se retrouva dans l’engin spatial à deux kilomètres de là, à l’abri des regards. C’était dans le fameux champ du vieux voisin dont l’esprit battait la campagne, justement en train de dire à deux jeunes enfants qu’il les transformerait en rat d’égout dès que possible pour les donner à manger à son chien tout pouilleux.
Famille terrienne se retrouva donc dans la soucoupe et furent emmenés illico sans autre forme de procès sur la planète Moximiros, à exactement cent vingt huit années-lumière de la terre. Le voyage ne fut pas des plus agréable pour eux, n’étant pas habitués à ce genre de traversée intersidérale.
Cette fois-ci gros papa Pouêt-Pouêt ne se trompa pas dans la programmation de son itinéraire. Ils s’étaient retrouvés sur terre car il avait mal fait ses calculs, et heureusement qu’ils n’avaient pas été pulvérisés lors de l’atterrissage. Il avait tendance à être dans la Lune, ce qui est quand même un comble pour quelqu’un qui se balade dans l’espace !

Nos amis terriens furent accueillis néanmoins de fort bonne façon, après avoir parcourus plusieurs espaces-temps, et le décalage horaire ne se fit pas trop sentir, puisqu’il n’y avait pas d’heure à décaler. Bien sûr, et on les comprend, ils mirent du temps à s’habituer à leur nouvelle vie, à devoir porter constamment une combinaison spéciale et spatiale, car l’atmosphère de cette planète n’était pas compatible avec leur système respiratoire bien peu évolué. Mais néanmoins ils y vécurent presque heureux, Francky avec son nouveau copain, maman et papa se faisant de nouveaux amis, aucunement rancuniers après tous ces déboires. On ne peut pas dire que c’était une belle planète, bien moins jolie que la nôtre, avec ses grands arbres immenses et tout gris, cette eau en poudre qu’ils devaient avaler pour se désaltérer, pas même une petite bière de temps en temps, et ses habitations dans les sous-sol de la terre parce qu’on ne pouvait pas y vivre au-dessus, à cause des mariozaures à grandes oreilles qui décimaient la population.
Les mariozaures à grandes oreilles étaient des animaux plus que bizarre. Environ un mètre quatre-vingt, ils avaient une grande queue pleine d’épines, les pieds palmés comme les canards de par chez nous, une énorme bouche pleine de petites dents pointues, et trois yeux l’un au-dessus de l’autre, à la verticale. Et ils étaient loin d’avoir inventé l’eau chaude. Quand ils ouvraient leurs grandes gueules pour mettre en charpie leur déjeuner extra-terrestre, il y avait une telle odeur épouvantable qui remontait du fin fond de leurs boyaux que les casse-croûte en question étaient vraiment heureux de se faire croquer tout cru plutôt que de devoir supporter davantage un tel épouvantable supplice.
Bref, nos trois terriens devaient s’adapter, et ce n’était pas évident tous les jours.




Je vous raconterai bien plus de détails sur leur nouvelle vie si loin d’ici si j’en avais le temps, mais elle était d’une banalité à pleurer, et je sens que vous commencez à être fatigué.

Mais vous qui avez bien voulu lire cette histoire jusqu’au bout, et je vous en suis très reconnaissant, oui vous là devant votre écran d’ordinateur, est-ce que par hasard vous ne seriez pas un de ces extra-terrestre déguisé en humain, avec un grand nez en trompette qui fait pouêt-pouêt dès qu’il est surpris ou content ?
Huuuuuummmm !!! Je me le demande….

auteur : mario vannoye
le 10 novembre 2007