Expérience inachevée


Dans un effort surhumain, je saisis son bras et le secoue jusqu'à ce qu'il lâche le couteau dégoulinant de sang. L’arme virevolte dans cet espace infini, ballet gracieux intemporel qui défie présent et futur. Les gouttes explosent devant mes yeux, couronnes écarlates mourant sur le sol. Ma main touche le vide, l’air est saturé de choses inexistantes, rien n’a jamais été et ne sera non plus. Je suis l’eau, je suis l’air, je suis la vie, le rêve et l’abandon, le tumulte et la joie, la douceur en furie, la folie de la paix. Je suis moi et tous les autres, l’Alpha et l’Oméga, rien ne compte et tout demeure, je suis le commencement du monde, l’apothéose du subliminal, je suis tout, je ne suis rien. Je vis et je meurs, les couleurs défilent à toute vitesse devant mes yeux, kaléidoscope envoûtant qui m’emporte et me déchire. Il n’y a plus rien à faire, je suis Dieu et le diable, et tous deux me regardent.





C’est aujourd’hui que je vais rendre visite à Mickaël, comme tous les mois depuis pas mal d’années maintenant. Même s’il ne manifeste aucune réaction quand je suis à ses côtés, je sais qu’il doit en éprouver inconsciemment de la joie. Je m’en sens responsable, car s’il a voulu lui aussi tenter cette maudite expérience, personne n’avait prévu les conséquences irrémédiables sur son cerveau malade. Je reste une heure ou deux, sans rien dire, juste pour qu’il sente que je suis avec lui. Il est là, dans son fauteuil, interné pour la vie dans cet hôpital, car il ne s’en est jamais remis. Les yeux fixes, il contemple quelque chose d’indéfinissable. Parfois il discute avec le temps, compagnon invisible qui défile dans son esprit. Je vois ses lèvres bouger, des mots sortir de sa bouche, mais jamais personne n’a compris ce qu’il disait. C’est notre faute, on a payé pour ça, lourdement, et le résultat est là, en cet être qui ne sera jamais un homme.




C’était il y a bien longtemps maintenant, l’époque où nous étions jeunes, insouciants, prêts à dévorer le monde, à connaître tous les interdits, à bafouer toute autorité. C’était l’époque où les soucis étaient derrière nous, bien enfouis, où il n’y avait pas besoin de se mettre une chaussette en caoutchouc pour emmener nos copines au septième ciel, où le sexe, la drogue et la musique étaient les seules choses importantes dans notre vie, avec les copains, la bière, nos études, et éventuellement un peu de travail.

Nous étions dans un chalet en pleine forêt pour un week-end, afin d’y passer un super moment. Dans notre esprit sans soucis majeurs, super moment voulait dire avec nos potes, nos copines, assez d’alcool pour tenir un siège, de quoi bien manger, et surtout, surtout, quelques bonnes barrettes brunes de marocain, d’afghan noir, d’huile et d’herbe. C’était pas méchant, on délirait, on était heureux. On racontait des conneries sans queue ni tête, on choppait des fous rires pour un rien, la musique emplissant nos oreilles, voyages merveilleux sur les frontières de l’infini. On s’écoutait Pink Floyd, Thiéfaine, Syd Barrett, Eloy, Fleetwood Mac et tellement d’autres.
Il y avait dans le lot de mes potes de l’époque un certain Ted, je me rappelle très bien de lui. Il était accroc un peu plus que les autres, et il avait ramené de petits buvards, des Chapeliers fous et des Aigles noirs, emplis chacun de 0,25 grammes de LSD, dose considérable comparativement à aujourd’hui. J’ai appris dernièrement que ce Ted est mort il y a dix ans en se jetant par la fenêtre du huitième étage de son immeuble miteux, se prenant pour un oiseau après avoir vu le film Birdy à la télévision. Trop forte dose d’héroïne, il ne vivait plus que pour ça.




Après avoir pris notre petit buvard, prêts pour cette nouvelle expérience, on a fumé quelques tarpés, en attendant que les sensations se fassent vraiment sentir. Rien ne se produisait de spécial, à part les effets habituels de notre fumette favorite. Au bout d’une heure, j’ai senti comme de petites bouffées de chaleur m’envahir, j’avais l’impression de voler, j’étais sorti de mon corps.
J’étais juste à côté de Brett, je m’en souviens très bien, un garçon super sympa un peu efféminé. Il avait à peu près dix huit ans, blond comme les blés, et on arrêtait pas de le charrier sur ses goûts naturels, mais gentiment, sans se moquer de lui. Jamais il ne se vexait, parce que ça venait de nous. Un jour il y en a un qui s’est permis de lui faire une réflexion qu’il a cru fort amusante, pas quelqu’un de notre bande, en lui demandant ce qu’il pouvait bien foutre dans un lit avec un autre mec, mots crus et blessants dans sa bouche de vipère. Je ne sais plus qui lui a balancé son poing en pleine gueule pour lui faire ravaler son venin. Il ne fallait jamais toucher à quelqu’un de notre groupe, c’était sacré. Brett avait un surnom. On l’appelait Twist, parce qu’il n’arrêtait pas de chanter, et quel est le rapport entre les deux ? Il n’y en a pas. C’était Twist, un point c’est tout.
Il avait vraiment quelque chose de spécial ce mec, un truc indéfinissable qui faisait qu’on était obligé de l’aimer, de le protéger, et du haut de ses un mètre soixante dix et seulement quelques petites poussières, il avait ce je ne sais quoi de charisme que peu de personnes ont sur cette fichue planète. Twist, toi qui me regarde du haut de ton nuage, je te salue et je t’embrasse. Il est mort lui aussi, emporté par une leucémie.

J’avais donc l’impression de voler, et je commençais à me sentir léger comme un oiseau. Les murs autour de moi se déformaient en vagues successives, ondulant comme du caoutchouc. Les meubles et mes amis se rapprochaient et s’éloignaient, me donnant le mal de mer. Ça s’est calmé tout d’un coup, non pas disparu, mais simplement calmé. On s’est mis à raconter des histoires un peu graveleuses, un rien nous faisait rire aux éclats, et quelqu’un a dit qu’un sanglier était dans les escaliers qui montaient aux chambres du premier. Tout cela est très clair dans ma tête, je m’en souviendrai toujours. Tout le monde s’est levé, complètement stone, un pétard à la main, et chacun l’un derrière l’autre on a cherché le sanglier. Pris de fou rire, on appelait ce foutu animal qui devait être pourtant suffisamment gros pour ne pas le rater, en faisant un chahut pas possible. Au bout d’une bonne demi-heure, on en a eu marre de le chercher, à monter et descendre et fureter dans toutes les pièces, et chacun s’est rassis à sa place, ‘set the controls for the heart of the sun’ de l’album ‘a saucerful of secrets’ emplissant nos oreilles, musique follement psychédélique que nous faisions plus qu’apprécier. On s’en délectait, on en buvait chaque note.
Et les effets de l’acide se sont remis à se faire sentir.

C’est monté par paliers successifs, alors que nous avions une importante discussion sur le fait de savoir si nous allions préparer un trois feuilles, ou faire un super cône de dix feuilles, comme on en avait déjà fait une fois. On venait de terminer un débat tout aussi important sur lequel des albums de Pink Floyd était le meilleur, et les avis étaient forts partagés. On était tous d’accord néanmoins sur une chose, c’était un sacré groupe. Ça faisait bien trois fois qu’on écoutait le même disque, et j’arrivais là maintenant à percevoir toute la substance même de la musique, j’étais en elle, je voyais des images défiler devant moi au fur et à mesure que les notes étaient jouées, adéquation parfaite entre les deux. Le sourire que j’avais sur mes lèvres n’en finissait plus de s’élargir, tellement je me sentais heureux. Entre l’extase et l’émerveillement, j’étais tellement libre de tout, oscillant de droite à gauche, voyage sensoriel que je ne voulais jamais terminer. Celles et ceux à coté de moi n’existaient plus, et pourtant je me sentais si proche d’eux, je les aimais à m’en faire mal. Je voyais mes pensées bouillonner, mes émotions me submerger, chaque fibre de mon corps voulait sortir de moi et se désintégrer dans l’espace-temps. Ce bonheur indicible a duré peut-être une éternité, peut-être une seule petite seconde, mais je crois qu’avec tout ce que j’ai vu et ressenti de merveilleux, le temps n’avait plus d’importance. C’était plus qu’un plaisir physique et émotionnel, c’était le bonheur à l’état pur. Je n’avais plus aucune inhibition, j’étais capable de tout tenter.

Alors que je voyageais ainsi en dehors de mon moi, j’ai tourné la tête, essayant de me rendre compte comment les autres ressentaient ce trip merveilleux. Je venais de passer dix bonnes minutes à me demander pourquoi j’avais les doigts aussi longs et fins, presque comme des allumettes, et je n’ai pas trouvé de réponses. Celui tout de suite à ma gauche était en train de dévorer son propre bras, la bouche maculée de sang, et ça avait l’air tellement délicieux pour lui qu’il en arrachait de gros morceaux avec ses dents. Je voyais la blancheur de l’os derrière les chairs, et j’étais là à le regarder continuer, sans faire le moindre geste. J’ai senti une main se poser sur mon épaule et je me suis retourné lentement, comme dans un film au ralenti, pour voir que sur celle-ci il n’y avait justement qu’une main, sans rien avant. Ses doigts me pressaient doucement, comme une invite à je ne sais quelle ignoble partie de plaisir.
Sur le mur juste en face des visages sortaient des briques, nous suppliant de les délivrer des démons qui les retenaient prisonniers, les yeux crevés et profondément noirs dans leurs petites cavernes vides. Des mouches en sont sorties pour se perdre dans l’immensité minuscule de la pièce.

Il y avait tellement de cafards que si quelqu’un s’était mis à marcher, il en aurait écrasé des tas, leurs chairs grasses et infectes se collant aux semelles de ses chaussures. Tous se dirigeaient vers une seule personne, qui bientôt en fut recouverte. Ça grouillait sur elle, mais elle ne s’en rendait pas compte. Il y en avait partout, dans ses cheveux, ses yeux, même dans sa bouche, on ne voyait plus aucune partie d’elle. Je voulais lui dire qu’elle devait faire quelque chose, mais j’étais fasciné par cette hallucination monstrueuse.




Mon regard s’est porté sur Twist qui chantait au rythme du disque, pas très fort, mais j’entendais sa voix douce et mélodieuse et je la trouvais tellement belle. La chanson me disait que mes enfants s’appelleraient vers de terre, et j’étais tout à fait d’accord avec elle. Je me suis approché de Twist, sentant monter en moi un désir irrépressible de tenter une expérience nouvelle, toute inhibition disparue. Je voulais tout connaître de ses amitiés particulières, lui avec ses dix-huit ans et moi avec mes dix-neuf, et ce serait sublime. Mais dans une espèce de prémonition, je l’ai vu des années plus tard, avec sa maladie qui l’emporterait. J’ai ressenti toutes les tristesses et les douleurs du monde me transpercer pendant qu’il continuait de chanter, ce garçon qui ne demandait qu’à vivre et être heureux avec nous, et que cela dure longtemps.
Twist chante, moi je flippe.

J’ai posé ma main sur lui, et il m’a regardé d’un air si doux, comme s’il savait ce que j’avais aperçu dans ma tête. J’avais le cœur qui bondissait dans ma poitrine, j’en ressentais toutes les pulsations, je voyais le sien à travers ses vêtements. Je l’ai embrassé, simplement, et l’ai laissé là dans son monde, les autres me regardant dans une communion de fraternité.

J’avais envie de bouger, et je me suis dirigé vers les escaliers pour aller dans les chambres. Légèrement titubant, je me suis retenu au mur et ma main s’est enfoncée dedans, masse verte gluante et visqueuse. Dans un coin de la pièce, il y avait une jeune fille que je n’avais jamais vu. Elle était entièrement nue et recroquevillée sur elle-même, pleurant toutes les larmes de ses yeux de perle sur je ne sais quel douloureux problème. Ses petits seins pointaient de sa poitrine, et les courbes de son corps étaient magnifiques, mais je n’en ressentais aucun désir. Elle a levé la tête vers moi, et j’ai vu qui elle était. C’était ma destinée matérialisée en femme, plongeant son regard de braise dans le mien. J’ai vu tout ce que je deviendrai, avec mes joies, mes peines et mes espoirs, même le temps où je me mettrai à écrire des histoires, dans une époque lointaine. J’ai vu comment cela se produirait, grâce à une personne qui ne naîtrait que bien plus tard, et je devrai attendre encore plusieurs autres années avant de faire sa connaissance et qu’elle m’insuffle le désir d’écrire. Je voyais son visage, je savais son prénom, et j’ai tout oublié. La jeune fille a disparu, volutes blanches fantomatiques qui ne reviendraient plus jamais.

J’ai commencé à monter les marches, et le sanglier était sur le palier, avec son œil unique au milieu du front, en train de dévorer un bébé qui était arrivé là par je ne sais trop quel moyen. Il mâchonnait goulûment, fourrant son groin dans ce qui restait du pauvre enfant, et j’essayais de toutes mes forces de me dire que ce n’était qu’une vision. J’ai continué à grimper maladroitement, contournant la bête, en remarquant qu’il y avait deux autres bébés qui attendaient sur le sol, agitant leurs petits bras et me souriant, trop jeunes bambins qui serviraient de casse-croûte à l’animal. Mais que pouvais-je y faire ?


Je suis entré dans une des chambres. Une baignoire remplie d’eau remplaçait le lit. Dans le fond de cette baignoire un de mes amis me regardait la bouche grande ouverte, sans faire aucun geste. Puis il a cligné une ou deux fois des yeux, pour me montrer que tout allait bien, et j’en étais très heureux pour lui. Il a ouvert une main et j’ai vu ce qu’il y avait dedans, une lame de rasoir qu’il a pris pour se tailler les veines. L’eau s’est colorée de suite. J’ai plongé le bras pour me saisir de mon ami, mais je n’ai rencontré que de l’air et la douceur des couvertures.

Assis sur le lit, seul dans cette chambre, la fenêtre grande ouverte, le vent m’invitait à le rejoindre et à communier avec lui, soufflant très fort dans les arbres alentour, parfaite symbiose de la nature et de moi-même. Mais je savais que si je sortais il me désintègrerait en fines particules, devenant un élément de la théorie des cordes, vêtu de pluie et de poussière. J’avais l’esprit si réceptif, je comprenais tout, je savais tout, physique, chimie, je pouvais même expliquer le problème de la propagation des ondes électromagnétiques dans le vide en les appliquant au cas particulier de la lumière, cette lumière qui me brûlait les yeux, la mécanique quantique, la loi de Képler, toutes ces choses que j’étudiais et qui avait tant de mal à rentrer d’habitude.
Plein de chansons me martèlent la tête, me hurlent à l’intérieur en un monstrueux grondement et me soufflent que je suis en voyage dans la turbulence des fluides, les dernières balises avant mutation, les fragments d’hébétude en exil sur une planète fantôme, les vapeurs paradisiaques de souvenirs toxiques, les sentiments numériques revisités par l’infini, tout ça dans un coin trop sombre au sein d’un autre ailleurs. Je débordais de pensées oniriques, j’étais LA pensée. Je n’en pouvais plus d’être vivant, terrien t’es rien, mais que ma joie demeure.

Quand l’espèce de monstrueuse chose est entrée dans la pièce où j’étais, avec ses chaînes et ses crochets, j’ai vraiment flippé à mort mais je n’ai pas eu le temps de faire le moindre geste de défense. Il m’a lancé plusieurs de ses chaînes terminées par des petits crochets de fer, et ils m’ont transpercé comme des hameçons, me causant d’horribles souffrances. Il a tiré très fort, arrachant ma peau, et je me suis retrouvé à plat ventre sur le parquet. Je n’étais plus habillé, je ne sais pas pourquoi ni comment. Les crochets ont mis à nu plein de morceaux de chair rose et rouge partout sur mon corps, même aux endroits les plus sensibles. Complètement hébété par ce supplice sans nom, j’ai attendu la mort, cette alliée bienfaitrice qui me soulagerait de mes tourments. Mais il a relancé ses chaînes, ôtant quelques morceaux de plus, et bientôt je ne ressemblais plus qu’à cet écorché que l’on voit dans les livres de science. Soudainement il a disparu, alors que j’étais étendu sur le sol, habillé comme en arrivant ici, sans aucune trace de torture.




Je me suis relevé et j’ai continué comme ça de pièce en pièce. En entrant dans une autre chambre, j’ai vu mon double qui me narguait, me disant que jamais je ne serai quelqu’un de bien, que je partirai de rien pour arriver à pas grand-chose. Il me le répétait sans cesse, encore et encore. Je me suis pressé les mains sur les oreilles pour ne plus entendre ses sarcasmes. Je voulais qu’il se taise, qu’il me laisse tranquille, et dans ce sursaut d’énergie dont je parlais au début, j’ai empoigné le couteau que j’avais à la main et j’ai frappé, frappé, frappé en hurlant qu’il se taise, qu’il n’avait rien à faire ici. La lame s’enfonçait dans son corps, le sang maculant ses habits. Mais il continuait de me débiter ses paroles outrancières, et d’un large mouvement du bras je lui ai tranché la gorge d’un coup sec, alors que le passé redevient présent et qu’une autre partie de moi-même me saisis le bras et le secoue pour me faire lâcher le couteau.

L’arme virevolte dans cet espace infini, ballet gracieux intemporel qui défie présent et futur.
Ma main touche le vide, l’air est saturé de choses inexistantes, rien n’a jamais été et ne sera non plus. Je suis moi et tous les autres, l’Alpha et l’Oméga, rien ne compte et tout demeure, je suis le commencement du monde, l’apothéose du subliminal, je suis tout, je ne suis rien. Les gouttes de sang explosent devant mes yeux, couronnes écarlates s’écrasant sur le sol…

Les autres en bas se sont précipités dans l’escalier, ou du moins ont essayé, et après de terribles efforts pour grimper jusque là haut, ils m’ont ceinturé en voyant que je venais de massacrer un de nos copains qui voulait juste s’allonger un peu. Il gisait sur le sol, et il y avait tellement de sang par terre qu’une des filles a glissé et s’est lourdement cognée la tête sur le montant du lit.
J’étais comme fou, la drogue continuant son travail infernal, et jamais je ne m’en suis remis. J’étais dans un mauvais trip, le plus mauvais d’entre tous, et on m’a interné pour ne jamais plus ressortir.


Je suis là dans ce fauteuil, les yeux fixes, m’imaginant qu’un de mes ex-copains vient me dire bonjour, que j’écris des histoires, et que Twist n’est pas mort. Au fond je n’en sais rien. Je discute avec le temps, compagnon invisible, et des gens habillés de blanc s’approchent de moi pour essayer de comprendre ce que je dis. Je sais que je m’appelle Mickaël, et j’attends le moment où l’on me donnera un autre de ces petits buvards, pour terminer mon expérience inachevée.

Je suis une vapeur paradisiaque de souvenirs toxiques, je sais que mes enfants s’appelleront vers de terre...

auteur : mario vannoye
le 04 novembre 2007